Vue exceptionnelle sur la Tour Eiffel et potager en pleine ville

Plus rare qu’une location Airbnb. À l’approche des Jeux Olympiques de Paris 2024, quelques chambres étaient encore disponibles dans ce refuge champêtre offrant une vue sur la Tour Eiffel. La Reine Margot, établissement MGallery, s’imposait comme l’un des meilleurs points d’observation pour vivre Paris au plus près de sa magie.

Portrait de Camille Devaux, directrice d’un domaine tenu secret

Se couper du temps, tout comme s’éloigner de Paris : c’est la promesse de cet hôtel du groupe Accor, sorti de terre à Issy-les-Moulineaux. Rattaché à la collection MGallery, l’établissement s’inscrit dans la continuité de Molitor.
Ouvert le 24 octobre, le Domaine se distingue par son caractère champêtre, discret et empreint d’histoire. Sa directrice, Camille Devaux, prenait alors ses fonctions pour la troisième fois de sa carrière, après avoir participé au lancement de plusieurs hôtels, dont Molitor. Née en Indonésie, formée en Suisse, elle débute dans l’hôtellerie à New York en 2001, comme réceptionniste à The Pierre, elle y vit en direct l’effondrement des tours jumelles. « Ça marque », résume-t-elle. Elle rejoint ensuite Hyatt, puis Accor, où elle gravit les échelons de poste en poste, souvent lors d’ouvertures ou de repositionnements.

Ce qui distingue cet hôtel ?

CD : Une ouverture, c’est l’occasion de matérialiser une vision commune, comme écrire un livre à partir d’une page vierge. Cet hôtel porte plus de quatre siècles d’histoire, ce qui nous permet de proposer un récit hors du commun à nos clients. Nous avons même conçu un podcast pour le faire découvrir. Nous avons aussi intégré de la modernité, notamment via le bar aménagé dans une ancienne chapelle du domaine.

Qui sont vos clients ?

CD : Beaucoup de Parisiens viennent se ressourcer vingt-quatre à quarante-huit heures, pour découvrir le patrimoine, la vue sur la Tour Eiffel et notre potager. Cela rappelle les staycations popularisées par le Lutetia pendant le COVID. Notre objectif : qu’ils puissent s’extraire de leur quotidien.
Nous disposons aussi de trois salles de réunion, surtout utilisées par des comités de direction, et bientôt d’un espace pour des cocktails grâce au jardin. La faible concurrence locale attire également les habitants pour anniversaires et événements familiaux, notre serre rencontre un franc succès auprès d’eux.

Un enjeu majeur pour Accor ?

CD : Considérable, et pas seulement pour Accor : la ville d’Issy-les-Moulineaux et la SOAD ont aussi investi. C’est l’hôtel le plus proche du siège du groupe, d’où une forte charge symbolique, d’autant que la précédente ouverture parisienne d’Accor remonte à Molitor, il y a presque dix ans.

Le recrutement, souvent source d’inquiétude ?

CD : Nous avons beaucoup recruté localement, avec le soutien de la mairie. Depuis le COVID, nous voyons affluer des candidats lassés du télétravail. Beaucoup de nos recrues n’avaient jamais travaillé en hôtellerie, ce qui compte, c’est l’envie de bien faire et la bienveillance. Le reste s’apprend. Les postes les plus difficiles à pourvoir : cuisine et réception, qui exigent langues, informatique et adaptabilité.

Les incivilités ?

CD : J’en ai connu, mais surtout hors de mon cadre professionnel. Nos managers sont formés pour désamorcer ce type de situation. Les avis négatifs, même s’ils sont moins agréables, nous font progresser.

Le quotidien d’une directrice ?

CD : Un engagement horaire important, mais bien entourée, cela se rapproche d’un rythme de cadre classique. Anticiper, déléguer et garder une vision d’ensemble sont essentiels.

Connaître ses clients ?

CD : Certains hôtels « googlisent » leurs clients. Nous conservons simplement les données légales dans le CRM interne d’Accor, avec l’appui des programmes de fidélité du groupe.

Formée à l’école des Roches, peut-on apprendre ce métier autrement ?

CD : Oui, la motivation reste le facteur déterminant. Avoir des mentors est ensuite une vraie chance, j’ai eu cette chance.

La gestion des avis, un enjeu stratégique

Les avis du Domaine sont très largement positifs, avec une réserve récurrente sur la température de la piscine. « C’est le passage d’un espace chauffé à un espace plus frais », expliquait la directrice, qui répond chaque matin personnellement à ses clients. Julie Cadalen, cliente et experte de l’expérience client chez Concentrix + Webhelp, a salué ce suivi : « La directrice m’a répondu précisément, puis la responsable de la réception à son tour, ils prennent vraiment en compte l’avis des clients. »

Qui fait vivre des expériences mémorables en France ?

Les 174 000 hôteliers de France font découvrir notre pays à des millions de visiteurs chaque année, face à des plateformes comme Airbnb dont on commence à mesurer qu’elles ne jouent pas toujours franc jeu.